BPCO : le risque cardiovasculaire reste élevé des mois après une exacerbation

BPCO : l’exacerbation, un risque cardiovasculaire durable

 

Après une exacerbation de BPCO, l'attention se porte naturellement sur la récupération respiratoire. Les données publiées en 2025 montrent que le risque cardiovasculaire, lui, reste élevé bien après la fin de l'épisode.

 

La méta-analyse EXACOS-CV (Nordon C, Simons SO, Marshall J, et al., ERJ Open Research, 2025) a regroupé huit études nationales — Canada, États-Unis, Allemagne, Pays-Bas, Espagne, Italie, Japon, Angleterre — soit 1 030 875 patients de 40 ans et plus. Le critère composite associait syndrome coronarien aigu, insuffisance cardiaque décompensée, AVC ischémique, troubles du rythme et décès toutes causes.

 

Dans la semaine suivant le début d'une exacerbation, quelle que soit sa sévérité, le risque d'événement cardiovasculaire grave ou de décès toutes causes était multiplié par 10 (HR poolé = 10,22 ; IC 95 % [5,34 ; 19,57]). Le sur-risque persiste ensuite : jusqu'à six mois après une exacerbation modérée, jusqu'à un an après une exacerbation sévère.

Ces résultats sont issus d'études observationnelles : ils établissent une association, non une causalité.

 

Pour nos équipes, la décision thérapeutique reste celle du prescripteur. Notre part est opérationnelle : signaler ce que nous constatons au domicile — majoration de la dyspnée, cure récente d'antibiotiques ou de corticoïdes, réduction du périmètre de marche — et renforcer le suivi du matériel et de l'observance dans les semaines qui suivent un épisode, y compris lorsqu'il a été modéré et traité en ville, sans hospitalisation.

 

 

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