BPCO : une atteinte cardiaque fréquente, et souvent non diagnostiquée
BPCO : la fréquence des atteintes cardiaques non diagnostiquées

Essoufflement, fatigue, gêne à l'effort : chez un patient atteint de BPCO, ces manifestations sont naturellement rapportées à la maladie respiratoire. Elles peuvent pourtant en masquer une autre. On répète volontiers que les atteintes cardiaques sont sous-diagnostiquées dans la BPCO, mais l'affirmation reposait jusqu'ici sur des études isolées. Une méta-analyse en accès libre a rassemblé ces travaux pour en tirer une estimation d'ensemble.
Le travail de Kibbler J, Wade C, Mussell G, et al. (ERJ Open Research, 2023) est une revue systématique assortie d'une méta-analyse. Elle ne retient que les études ayant recherché activement une atteinte cardiaque chez des patients porteurs d'une BPCO et non connus comme cardiaques. Quatre bases bibliographiques ont été interrogées, pour des travaux publiés depuis 1980.
Une dysfonction systolique ventriculaire gauche non diagnostiquée, définie par une fraction d'éjection inférieure à 50 %, était présente chez 15,8 % des patients (IC 95 % [11,1 – 21,1]). Les auteurs résument eux-mêmes ce résultat sous la forme d'une fourchette : 10 à 20 % des patients atteints de BPCO.
Ce chiffre appelle plusieurs précautions, énoncées par les auteurs eux-mêmes. Il dépend étroitement du seuil retenu : avec une fraction d'éjection inférieure à 40 %, chez des patients hospitalisés, deux études rapportent 6,8 % et 16,0 %. Plus largement, les estimations de ce type présentent des intervalles de confiance larges et une hétérogénéité importante entre les études, les populations et les techniques diagnostiques variant sensiblement. L'ordre de grandeur est informatif.
Pour les patients, ce travail se résume à une idée utile : un essoufflement qui s'installe ou qui s'aggrave ne s'explique pas toujours par la seule BPCO. Il vaut la peine d'en parler à son médecin plutôt que de l'attribuer d'emblée à sa maladie respiratoire. Il en va de même pour ce qui semble sans rapport avec le souffle : une fatigue inhabituelle, une gêne à s'allonger le soir, un effort devenu difficile alors qu'il ne l'était pas. Ces éléments ne se jugent pas soi-même, mais ils nécessitent d’être mentionnés en consultation. Le médecin est seul à pouvoir décider s'ils justifient un examen.
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